Par la danse

J’ai 10 ans et je vis aux États-Unis. Après mon premier hamburger, ma mère m’emmène au cinéma. Je veux voir le film Footloose. Je sais que je veux danser mais je me tais. Je suis un peu gros, je ne fais pas beaucoup de sport et j’écoute Iron Maiden... Et quand pour la première fois je vois un écran d’ordinateur, j’en tombe amoureux. L’année suivante, c’est le retour en France et je m’engouffre dans l’informatique. A 16 ans, je continue la lignée familiale, mon grand-père hongrois était directeur de IBM Hongrie et mon père ingénieur de IBM France. Je deviens informaticien.
A la mort de mon père, j'ai vingt-six ans. Je plonge dans le théâtre. Mais je n'arrive pas à entendre les personnages. Je retrouve la danse dans les ravesparties et les nightclubs. Je cherche autre chose. Un jour je pousse la porte de la Maison du Japon à Paris et rencontre des danseurs de butô.
Je suis bouleversé. Après un suriashi avec le chorégraphe Mushimaru, je regarde Paris différemment. Je pratique le butô pour tenter de m’accorder avec la nature et les fantômes. Un an plus tard, je m’éjecte de la startup informatique créée avec des associés. Pendant cette période, le film Billy Elliot est sorti, je le regarde dix fois. Je veux danser. Je veux dire la rage, la fougue et la tendresse qui m’habitent. Avec le butô, je descends dans mes profondeurs et arrache des lambeaux de phrases. Des ombres s'animent.
L'informatique et la danse sont des terres où j’ai planté mes racines.

avec Emmanuel Sandorfi danseur et web designer
l'enfant et la danseà la maison de la poésie ateliers
pour les adultes
à la frontière du butô en vidéo